Pour aller plus loin dans la compréhension :

Ne plus considérer le corps comme une machine…comme un assemblage d’articulation…mais comme un organisme vivant, émotionnel.

Voila le regard que l'ostéopathe pose sur le patient.

 

Notre rencontre avec Pierre Tricot fut déterminante, il est le traducteur français de la plupart des œuvres fondatrices de l’ostéopathie et à mis au point un modèle de compréhension et de travail.

 

Il y a beaucoup de façons d’être ostéopathe, il y a les ostéopathes « qui font craquer » (les « structurels ») et ceux qui font une ostéopathie douce.

Dans l’ostéopathie douce il y a aussi de nombreux courants de pensée comme l'ostéopathie fonctionnelle, l'ostéopathie biodynamique etc ...

On peut être étonné par la douceur des techniques et on est en droit de se demander comment des choses si douces peuvent avoir des effets aussi conséquents.

 

Nous allons essayer de vous donner quelques pistes sur la façon dont nous appréhendons le système vivant.

 

Notre corps est une colonie cellulaire (estimé à 75 000 milliards de cellules…), chacune de ces cellules porte notre ADN et a un rôle dans la colonie. Une cellule peut être vue comme une « brique », c’est en partie vrai, mais il ne faut pas oublier que c’est une brique qui est vivante qui mange, se reproduit, fabrique des protéines et rejette des déchets.

Il y a les cellules qui transporteront l’oxygène, celle qui formeront les vaisseaux, celles qui formeront les neurones, les os etc….

Tout ce qui affecte l’organisme, lui demandera une adaptation, affectera chaque cellule.

Nos cellules pour survivre doivent s’entraider, c’est d’ailleurs pour cela qu’elles se sont unies au départ pour une meilleure adaptation au milieu. Chaque cellule à un fonctionnement autonome local mais peut aussi avoir son activité modifiée par le chef d’orchestre du corps : le cerveau.

Notre corps est complexe.

Il est géré

-par notre systeme nerveux conscient qui nous permet de choisir nos actions : je me sauve en courant car j'ai identifié un danger(ex : un ours) 

- et pour une grande partie par notre système nerveux autonome  qui régule sans que nous ayons à y penser (donc de façon inconsciente) de nombreus équilibres : cardiaques, respiratoires, digestifs, hormonal, sanguin etc..)

Si ce que nous demandons à notre corps dépasse ses possibilités il nous le fera savoir grâce au message douloureux.

La douleur est une alerte du système.

 

Plus nous explorons l’infiniment petit, plus tout devient infiniment complexe. Un peu comme un ordinateur que nous utilisons sans nous soucier du code informatique sous-jacent.

 

Alors, pour interagir avec le corps et l'aider au plus juste nous utilisons donc une approche systemique et inductive.

 

Le tissu conjonctif

il faut déjà comprendre que notre corps est constitué d’une trame, comme une toile d’araignée mais en 3 dimensions.

On pensait, avant, que cette trame n’était en fait qu’un tissu de remplissage. Le docteur J.C Guimberteau (chef de clinique des hôpitaux en chirurgie, membre fondateur de l’Institut Aquitain de la main ) à démontré que cette trame, complexe, était partout dans le corps et servait en quelque sorte d’armature intelligente.

Cette toile d’araignée se modifie en fonction des mouvements de notre corps, et c’est sur elle que sont « greffées » chaque cellule.

Les diamètres des fibres sont de quelques microns et les longueurs extrêmement variables, les microvacuoles peuvent même s’agencer en mégavacuoles (pour former des gaines tendineuses par exemple).

« Ces fibrilles sont utilisées comme supports, comme cadre pour les vaisseaux, les nerfs ; La continuité tissulaire est toujours totale. »

 

Et bien c’est cette trame, cette « toile d’araignée » qui garde la mémoire des traumatismes vécus, par une sorte de cicatrice. La zone traumatisée, devenant plus dense (plus dure) moins élastique, limite aussitôt les mouvements internes possibles du corps.

Au cours de nos vies, nous sommes soumis à 3 grands types de ces traumatismes :

 

les chocs physiques :

ils commencent le jour de notre naissance, quand le Bébé se retrouve coincé dans un utérus qui le comprime sur un col encore fermé, quand la tête passe le bassin….puis toutes les chutes vécues, les accidents de sport, de vélo, de voiture….

 

Les chocs chimiques :

métaboliques : la qualité de notre nourriture, l’exposition à des produits chimiques (dans ce que l’on mange, dans ce que l’on boit, dans l’air des maisons, les produits que l’on manipule pour le travail, les médicaments.)

 

Les chocs émotionnels :

les « gros » (décès, divorce etc…) les chroniques (le voisin ou le patron qui nous agace chaque jour)…

 
Chacun de ces chocs laisse  une trace plus ou moins forte dans le corps et l'esprit, le tissu devient moins élastique, plus dur, dense.

 

 

Dans un corps humain, au cours du temps s’accumule ces zones de densité, ces blocages…c’est le fonctionnement normal d’un corps, nous en avons tous, partout, mais n’en avons aucune perception.

 

Même si elles sont au début non douloureuses, ces limitations de mobilité peuvent limiter progressivement l’amplitude d’une articulation engendrant à distance une tendinite, mais aussi freiner l’écoulement du sang dans une veine rendant moins efficace le nettoyage d’un organe, comprimer en partie un organe, comprimer un nerf, étirer un ligament…les possibilités sont infinies.

Puis on arrive à une limite pour notre corps. Ce corps qui n’a que la douleur pour nous signifier qu’il ne peut plus gérer de façon satisfaisante notre organisme, il y a un problème. Nous devons modifier notre comportement.

 

Souvent on pense que la goutte d’eau est responsable (Le joueur de rugby qui se bloque en ramassant une feuille de papier ou en se tournant dans sa douche, se bloquer en éternuant) …c’est toujours plus compliqué et dépend surtout des accumulations de tensions au cours de notre vie.

 

On peut donc résumer le travail de l’ostéopathe à une exploration du corps pour déterminer les zones hypo-mobiles (qui ne bougent pas ou bougent moins bien depuis le traumatisme) et à les rendre plus souples, mieux vascularisées.